Chaque article de la présente charte doit être considéré dans son contexte global et ne peut être interprété isolément. Les articles sont complémentaires
les uns des autres et ne peuvent être extraits du sens et de l’esprit général de la charte.
Préambule
-
Considérant les progrès en matière de connaissances médicales et les puissants moyens d’intervention de la médecine
moderne;
-
Considérant cependant la tendance qu’a la médecine à privilégier la prévention passive aux dépens parfois de l’éducation à
l’hygiène de vie qui est la prévention active la plus conforme aux lois de la vie;
-
Considérant l’évident engouement populaire pour les médecines non-conventionnelles, prônant :
-
Un retour à un mode de vie plus naturel et plus écologique,
-
Une alimentation plus saine, équilibrée et biologique,
-
La quête d’un meilleur équilibre psychosomatique,
-
La pratique d’exercices physiques épanouissants,
-
L’utilisation de thérapies naturelles, douces et non iatrogènes pour une meilleure
qualité de vie.
En conséquence, il est important que nous regroupions les initiatives en
faveur d’un art de guérir spécifiquement axé sur la prévention et l’éducation de santé selon la tradition hippocratique.
Telle est la mission que s’octroie l’ Union des Naturopathes de Belgique
(U.N.B.).
Aussi ses membres s’engagent-ils à en respecter les fondements
philosophiques ainsi que les règles politiques énoncées dans cette présente Charte afin d’intégrer la naturopathie et les professionnels de santé naturopathes dans les systèmes de santé belge et
européen dans une féconde complémentarité avec les autres pratiques et praticiens conventionnels dans les domaines de l’art médical, de l’art pharmaceutique, de la kinésithérapie, de l’art
infirmier et des professions paramédicales, par une démarche juridico-politique, dans l’intérêt bien compris des patients et usagers de la santé confiants et dans notre pratique et dans
notre
savoir-faire.
A -
Philosophie et technologie
Article 1
La naturopathie est la philosophie, l’art et la science fondamentale englobant l’étude, la connaissance, l’enseignement et
l’application des Lois de la vie afin de maintenir, recouvrer ou optimiser la santé par des moyens naturels.
LAROUSSE Médical Ed. 1995 :
« Naturopathie : ensemble des pratiques visant à aider l’organisme à guérir de lui-même par des moyens exclusivement
naturels. La naturopathie repose sur une théorie selon laquelle la force vitale de l’organisme permet à celui-ci de se défendre et de guérir spontanément. Elle consiste à renforcer les réactions
de défense de l’organisme par diverses mesures d’hygiène (diététiques, jeûnes, musculation, relaxation, massages, thermalisme, thalassothérapie, etc.), aidées par les seuls agents naturels
(plantes, eau, soleil, air pur, etc.), un traitement médical ne devant intervenir qu’en cas de réelle nécessité d’urgence. »
Article 2
La naturopathie enseigne que « les Lois qui président au fonctionnement de l’univers et des organismes vivants ne sont
par différentes. Tout déséquilibre se traduit alors par une destruction qui amoindrit aussi bien l’organisme que l’environnement dans lequel il vit. L’homme n’échappe pas à cette règle et a de ce
fait la responsabilité de vivre en accord avec les lois de la Nature ». ( G. Vithoulkas ).
Article 3
Le Naturopathe estime, en conséquence, que plus les êtres humains méprisent les lois de la nature, plus leur adaptation au
milieu requiert de conscience et d’énergie. La plupart connaissent alors des états de déséquilibre plus ou moins grands que nous nommons “ maladies ” au sens le plus large du
terme ”. (idem)
Article 4
La naturopathie enseigne donc « qu’il existe des lois et des principes selon lesquels des symptômes ou des groupes de
symptômes qu’on a coutume, à tort, d’appeler “ maladie ”, ne représentent en réalité que la lutte du mécanisme de défense face à un stimulus morbide. » (idem).
Article 5
La naturopathie est donc une “ médecine (1) logique, qui recherche les causes essentielles des déraillements de la
santé et qui enseigne la nécessité de mettre en pratique les lois de la vie pour rétablir ou conserver cette santé ”. (“ L’essentiel de la doctrine d’Hippocrate, ” Dr Paul Carton -
Editions Le François).
Article 6
La naturopathie est une véritable école de médecine traditionnelle et naturelle qui, mieux instruite de son passé et
meilleure gardienne des immuables vérités d’ordre général, étudie la complète constitution de l’être humain sans négliger les puissants liens qui l’attachent à son milieu naturel ainsi qu’à la
Puissance créatrice de vie ” (idem).
Article 7
La naturopathie considère comme une obligation primordiale de connaître l’homme total, l’être humain étant un tout intégré
agissant à tout moment sur trois niveaux distincts qui sont par ordre d’importance le mental, l’émotionnel et le physique
(Georges Vithoulkas).
Article 8
La naturopathie enseigne la pratique d’une véritable “pathologie” dans le sens étymologique du terme : grec ancien “pathos"
(2) c’est-à-dire ce que l’on ressent, ce que l’on éprouve, le sentiment de l’être.
Article 9
La naturopathie fait sienne la définition de la santé exprimée ci-après :
“ Un état de bien être, le corps étant libéré de la souffrance : un état dynamique de sérénité et de calme,
l’émotion étant libérée de la passion ; un état de prise du conscience de la réalité des choses, le mental étant libéré de son égocentrisme. ”
(Georges Vithoulkas).
Il s’agit donc d’un état d’harmonie entre ces différents plans et leur épanouissement.
Article 10
La naturopathie y inclut la conviction que toute vie dépend d’une force vitale universelle, énergie vitale invisible ou souffle
vital. Cette notion se retrouve dans la pensée de la plupart des peuples de l’antiquité : “ Rouach ” chez les Hébreux, “ Pneuma ” chez les Grecs, “ Prâna ”,
“ Tchi ” et “ Ki ” chez les Orientaux, le “ Kâ ” chez les Egyptiens.
“ Elle est la plus puissante force de cohésion et d’action de tout ce qui
existe. Cependant, elle est invisible à l’œil : seul le raisonnement peut la concevoir. En effet, sans elle, rien ne prendrait naissance. Elle n’est absente de rien ; on la
retrouve dans tout. ” (Hippocrate, Littré, 641, 1, 2).
Article 11
La naturopathie oriente donc ses investigations vers un état énergétique, psychologique et somatique, fonctionnel et
métabolique longtemps avant l’apparition d’une maladie cliniquement décelable. Ces investigations s’effectuent au moyen de techniques naturelles, confirmées, efficaces, et non
agressives.
Article 12
La naturopathie englobe la pratique et l’enseignement de l’hygiène vitale et des méthodes naturelles de santé. L’ensemble de ces biothérapies
reste l’apanage du praticien de santé Naturopathe dans son activité professionnelle.
Article 13
La naturopathie œuvre en faveur de l’éducation pour la santé et de la totale liberté de choix du thérapeute et de la
thérapeutique par l’« usager des soins de santé » aux divers thérapeutes et thérapeutiques.
Article 14
La naturopathie et ses praticiens possèdent les techniques et les moyens de déterminer avec une grande précision les causes
profondes des troubles fonctionnels et métaboliques, longtemps avant que la maladie clinique puisse être diagnostiquée. Elle réalise donc une œuvre de grande prévention.
Article 15
La naturopathie est donc essentiellement une œuvre d’éducation pour la santé et de redressement d’un terrain en déséquilibre
humoral et énergétique par les soins d’hygiène vitale et les biothérapies.
“ Il importe qu’un système thérapeutique efficace soit aussi sans danger pour le consultant. Cette efficacité doit
se démontrer non seulement par le soulagement et la disparition des symptômes mais encore un accroissement de vitalité et de bien être et par une capacité accrue à vivre pleinement sa
vie. ” (Georges Vithoulkas).
Article 16
La naturopathie et ses praticiens non hostiles à la médecine moderne allopathique souhaitent une collaboration dans l’intérêt du
patient, pour autant que celle-ci soit acceptée, avec les autres professions médicales.
Article17
La naturopathie et ses praticiens s’accordent aujourd’hui avec de nombreux thérapeutes et biologistes pour reconnaître que la
recherche forcenée d’un agent pathogène, viral ou microbien, responsable, ne peut plus servir uniquement de base à la thérapeutique moderne. Des remèdes prescrits pour nombre de maladies ne sont
pas conçus pour apporter une véritable guérison. Ils ne s’attaquent pas à la cause réelle et se contentent d’offrir un espoir de soulagement pour autant qu’on ne prenne pas en considération le
danger de leurs effets secondaires (iatrogènes).
La naturopathie enseigne que “ la plupart des thérapeutiques, dans la mesure où elles se concentrent sur des symptômes
spécifiques en ignorant l’individu dans la totalité, affaiblissent le mécanisme de défense et conduisent dans certains cas à la détérioration profonde de la santé. (Georges Vithoulkas
).
Article 19
La naturopathie et ses praticiens ne se trouvent en aucun cas en contravention avec la législation sur l’exercice illégal de la
profession de médecin. La pratique de la naturopathie exclut totalement le diagnostic médical clinique de maladie et l’intervention chimiothérapique consécutive.
La naturopathie se situe ailleurs, longtemps avant l’échéance de la pathologie lourde et lésionnelle pour analyser avec
précision les dispositions héréditaires et acquises et pour prévenir par l’établissement d’un programme d’hygiène vitale et de biothérapie dans le seul but du redressement du terrain
biologique.
Le sens étymologique du mot thérapie trouve son origine dans le mot grec « Therapeuo » qui se traduit par
« service ». Le biothérapeute est donc un serviteur de la vie. Thérapeute : Celui qui prend soin de l’âme et du corps (les Thérapeutes d’Alexandrie, Jean-Yves
Leloup).
Thérapeute : le bon compagnon sur le chemin de la santé – du salut – (le maître intérieur, K.G Durkheim).
La naturopathie peut aussi être utile parallèlement ou après un traitement d’une pathologie lourde en allopathie, pour
harmoniser les fonctions vitales, notamment immunitaires, énergétique et psychologiques.
Article 20
La naturopathie en conclusion, est fondée sur quatre concepts essentiels :
1) Primauté de l’hygiène vitale (prévention et qualité de vie),
2) Connaissance, respect et mise en œuvre de la force vitale
auto-guérisseuse,
3) Non iatrogénicité,
4) Vision holistique de l’homme dans ses multiples réalités (psychologiques,
énergétique, somatique…) et développement de ses potentialités,
5) Convention que la santé résulte de l’interdépendance entre comportement humain et
équilibre écologique.
B - HISTORIQUE
Article 21
Né spontanément et simultanément au début du XIX siècle aux Etats-Unis, en Allemagne, en Scandinavie et en Grande Bretagne, ce
mouvement naturo-hygiéniste s’est donné pour objectif un retour aux sources de la pensée hippocratique. Il s’impose de plus en plus dans tout le monde occidental comme l’une des clés
incontournables aux côtés des médecines douces, de l’allopathie, au service de la santé.
Article 22
La naturopathie “ possède ses racines les plus lointaines dans les écrits des anciens à la pensée desquels elle reste
fidèle. Elle suit la voie la plus ancienne et la mieux tracée, grâce à l’œuvre de ses pionniers et continuateurs de tous les temps et de tous les pays, parce qu’il se sont employés à conserver et
à enrichir sa tradition à travers les siècles. ” (“ L’essentiel de la doctrine d’Hippocrate ” Dr Paul Carton - Editions Le François).
Article 23
La naturopathie retrouve régulièrement ses racines philosophiques, scientifiques et pratiques au cœur même des grands courants
médicaux traditionnels mondiaux :
¨ en Occident, médecine hippocratique,
¨ au Moyen-Orient, médecines sumérienne, égyptienne, hébraïque,
essénienne,
arabe,
¨ en Afrique (tradipraticiens),
¨ en Orient, médecine ayurvédique, chinoise, tibétaine,
¨ en Amérique, médecines amérindiennes.
C - FORMATION PROFESSIONNELLE ET TECHNIQUE
NATUROPATHIQUES
Article 24
La naturopathie comprend un ensemble de techniques dont l’enseignement est dispensé par des unités autonomes d’enseignement
supérieur. Écoles libres et privées et organismes de formation professionnelle permanente, à partir d’un cursus d’étude se déroulant sur plusieurs années, en plusieurs cycles et sur la base d’un
tronc commun aux différentes écoles.
Article 25
La naturopathie intègre et enseigne des techniques de dépistage permettant au praticien de santé Naturopathe
d’établir un véritable bilan naturopathique spécifique, ou bilan de vitalité.
Celui-ci n’a aucune commune mesure avec le diagnostic clinique établi par un médecin, ni ressemblance avec un
“ check-up ” hospitalier.
Il s’agit notamment de l’étude de la constitution du tempérament, de la vitalité et de la diathèse.
Ce bilan se complète par une estimation métabolique (surcharges, carences,) physiologiques (assimilation, élimination),
énergétique (système neuro-glandulaire…), psychologique (caractère, incidences psychosomatiques), réactionnel (stade aiguë, chimique, lésionnel…âge biologique…)
Il consiste aussi à reconnaître les limites de l’autoguérison et d’orienter, le cas échéant, vers une forme de médecine plus
adaptée.
Article 26
La naturopathie comporte les principales techniques de dépistage suivantes :
-
la morpho-physiologie et morpho-psychologie,
-
l’iridologie (dépistage organique et métabolique par l’examen de l’iris),
-
la psycho-physiologie (analyse du comportement exprimant la situation diathésique,
-
les réflexologies (auriculoréflexologie, rhinoréflexologie, podoréflexologie, dermoréflexologie, réflexologie vertébrale, kinésiologie
appliquée…),
-
l’organométrie (mesure la vitalité globale et sectorielle de l’organisme),
-
la photographie de type effet Kirlian (visualisation du champ électromagnétique des différentes parties du corps),
-
la radiesthésie,
-
la pulsologie (bilan quantitatif et qualitatif des circulations énergétiques, par la prise de pouls),
-
les différentes méthodes d’analyses biologiques : bilan Vernes, bilan bio-électronique, profil protéique, test
Heitan-Lagarde, cristallisations sensibles, etc.
Toutes ces techniques de dépistage, pour ne citer que les principales, inconnues ou ignorées de la médecine moderne, mais dont
l’efficacité et l’utilité ont été largement prouvées par des contrôles cliniques dans de nombreux pays, permettent au praticien de santé Naturopathe d’établir une situation
biologique très précise : le bilan naturopathique ou bilan vital.
Article 27
La naturopathie et ses praticiens s’attachent ensuite à redresser cette situation, (terrain biologique et ses dispositions
morbides) par l’établissement d’un programme d’hygiène vitale et de biothérapie comprenant :
-
la mise en place des cures naturopathiques (désintoxication, revitalisation, stabilisation…),
-
l’utilisation des facteurs naturels :
-
l’eau (bains, douches, sauna, irrigations coloniques, thalassothérapie,…)
-
la terre (argiles, tellurismes…)
-
l’air (oxygène, ozone, arômes, ions négatifs, …)
-
le climat
-
l’individualisation des impératifs vitaux :
-
Nutrition saine
-
Respect des rythmes biologiques
-
Surveillance des éliminations physiologiques
-
Pratique de l’exercice physique
-
Centre respiratoire
-
Hygiène psychosomatique
-
le choix des techniques (alimentation dont diététique), exercices, phytologie, hydrologie, réflexologie, psychologie,
magnétologie, techniques manuelles, énergétiques et respiratoires
-
la sélection des biothérapies (compléments alimentaires, oligo-éléments, plantes…)
Toutes ces biothérapies ayant essentiellement pour but de redresser un terrain et non de traiter une maladie clinique.
D - LES FONDEMENTS SOCIAUX ET HUMANITAIRES
Article 28
Les praticiens de santé naturopathes doivent donc être considérés comme de véritables généralistes de l’hygiène
vitale et de la qualité de vie, de l’éducation pour la santé et de la grande prévention. Dans ce cadre, il est souhaitable de promouvoir ces concepts au niveau de l’éducation scolaire dès le plus
jeune âge.
Article 29
Les praticiens de santé naturopathes n’ont cessé de s’affirmer depuis de longues décennies comme les pionniers
d’une véritable écologie de la santé, en vue d’une protection de la vie, par la promotion active de l’éducation préventive.
Article 30
Les praticiens de santé naturopathes engagés dans l’action humanitaire mettent à profit leurs concepts auprès
des populations en voie de développement dans une collaboration active avec les tradipraticiens tout en respectant l’identité socioculturelle des pays aidés, ils contribuent à la sauvegarde du
patrimoine hygiéno-médical traditionnel.
Article 31
Au plan professionnel et social, la naturopathie est clairement créatrice d’emploi libéraux et d’entreprises, sur le modèle des
nations allemandes, britanniques ou scandinaves par exemple.
Article 32
De plus, sa politique de responsabilisation de l’individu en matière de santé induit assurément des économies substantielles
pour les caisses des mutualités.
Article 33
Enfin, elle se positionne en plein accord avec un souci mondial grandissant : celui d’une sensibilisation de la jeunesse au
respect authentique de l’environnement menacé par toutes les formes de pollutions.
Article 34
Les textes de la présente Charte sont modifiables et perfectibles. De nouveaux articles pourront y être ajoutés suivant
l’évolution et la situation socioprofessionnelle des praticiens de santé naturopathes.
(1) Médecine : du latin medicina : science qui a pour objet la
conservation et le rétablissement de la santé (Larousse février 1971).
(2) Pathos : en grec ancien, ce mot revêt plusieurs sens : 1- ce que l’on éprouve, état d’âme 2- ce qui
affecte le corps et l’âme, en bien et en mal 3- ce que l’on subit (infortune, châtiment) 4- la maladie (Epicure) Remarque : ce n’est qu’en 300 avant J.C. qu’Epicure et son école lui
donnent le sens de maladie par extension. Ce sens est donc très secondaire en grec ancien. Plusieurs mots courants sont dérivés du mot grec « pathos » et qui n’ont rien de commun
avec la maladie : sympathie, antipathie, empathie, apathie, pathétique.